Lundi 13 février 2006
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09:30
Belle surprise l’autre soir en rentrant tardivement chez moi, après une interminable journée de travail. Dans ma boîte à lettres, je trouve une épaisse enveloppe de « Globetrotter », l’agence qui a organisé mes vols. En l’ouvrant, je découvre tous les billets d’avion nécessaires à mon périple de l’Europe à l’Asie, puis de l’Asie à l’Australie et enfin vers la Nouvelle-Zélande.
- Geneva - London - Mumbai
- Mumbai - Colombo - Mumbai
- Mumbai - Calcutta
- Delhi - Kathmandu
- Kathmandu - Bangkok
- Bangkok - Kuala Lumpur - Singapour - Jakarta
- Jakarta - Sydney
- Sydney - Auckland
Les compagnies aériennes n’acceptant les réservations qu’au plus tôt une année à l’avance, ces billets couvrent uniquement la première « moitié » du voyage.
A partir de Auckland, je réserverai les vols depuis les agences de voyage locales, ou par internet. Soit au coup par coup, soit directement deux ou trois vols à la fois. Dans tous les cas, à Sydney je devrai décider des destinations suivantes, car sans billet pour quitter le pays, pas question d’obtenir un visa d’entrée en Nouvelle-Zélande !
En Asie, les autres déplacements se feront par voie terrestre, en utilisant les transports publics (par exemple pour le trajet Thaïlande – Laos – Vietnam – Cambodge - Thaïlande). Voyager avec la population locale est rarement confortable, mais terriblement enrichissant.
Cette même semaine, j’ai reçu mon passeport en retour de l’ambassade de l’Inde, avec un visa d’entrée valable pour les 6 mois à venir.
Tous ces éléments « palpables », les billets d’avion, le visa, me font réaliser que maintenant le départ se rapproche vraiment.
Autre bonne surprise : un ami de Zürich viendra cet été me retrouver pendant 3 semaines au Vietnam ou au Cambodge ! Non seulement ça sera très sympa de se retrouver, mais le choc sera d’autant plus grand pour moi lorsque nous repenserons aux moments passés ensemble à Zürich, aux soirées discos, aux petits matins en clubs technos, aux longues nuits hydratées aux Vodkas - Red Bull !
Ces dernières semaines professionnelles sont extrêmement chargées : transfert de compétences avant mon départ, remplacer un représentant pas encore opérationnel, prendre congé des clients les plus importants, tout en faisant en parallèle mon travail de directeur commercial. Chacune de mes journées jusqu’au 31 mars est planifiée quasiment à l’heure prêt. Stress supplémentaire qui ne me permet plus de gérer l’imprévu, et qui m’empêche toute flexibilité.
J’ai commencé la lecture de « L’usage du monde », de Nicolas Bouvier. Lui a voyagé bien avant moi, et ce livre raconte l’une de ses aventures, pendant 2 ans à travers le monde, qu’il a commencée il y a bien longtemps en Asie. Quelques extraits m’ont fait sourire…
« Nous avions deux ans devant nous… Le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l’essentiel est de partir. »
« C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat sur le ventre sur le tapis, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songer à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. »
« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait… »
Ce livre devait m’accompagner pendant les premières semaines de mon voyage, pour meubler les moments plus calmes. Mais sa lecture me projette déjà dans cette aventure. Je pense que je l’aurai lu bien avant mon départ !
J’entends encore la cumbia, qui résonnait sans fin dans le 4x4, au milieu du Salar de Uyuni, à 4500m d’altitude par -25 degrés. Je revois la luminosité de la paisible ville de Oaxaca au petit matin du 1er janvier, alors que tous dormaient, et que, avec mon sac sur le dos, je cherchais le bus qui m’emmènerait vers les vagues de l’Océan Pacifique. Je rêve encore des paysages à couper le souffle, découverts lors de mes premiers voyages dans l’Ouest américain, et qui inspiraient tant la liberté. Un voyage se passe de motifs…