Pour optimiser l efficacite du blog, dorenavant les nouvelles photos seront accessibles ci-dessous :
Long Necks (TH) - fev 07
Thaipusam (MY) - fev 07
Orang Asli (MY) - janv 07
Bangkok - nov 06 -> jan 07
Laos - nov 06
Cambodge - oct 06
Viet Nam - sept 06
Koh Tao - aout 06
Nepal - juil 06
Apres avoir passe quelques jours agreables a Leh, j ai decide de partir un peu a l aventure vers les petits villages ladakhis situes un peu plus a l ouest. J ai laisse mon gros sac a dos au Shanti Guest House ou je logeais depuis mon arrivee a Leh, et ai embarque uniquement le minimum : sac de couchage, habits chauds, trousse de toilette (enfin, brosse a dents, dentifrice, savon!), linge, slip et chaussettes de rechange.
A 6h du matin je quittais Leh en bus "normal" (autrement dit genre boite a sardines, mais apres les 23h de jeep depuis Manali j y etais habitue) direction Lamayuru ou je suis arrive 5h plus tard.
Lamayuru, perdu au coeur des montagnes du Ladakh, est repute pour son monastere et son festival qui a lieu chaque annee mi-juillet. J y suis arrive fin juin, et pour la premiere fois, exceptionnellement, le festival de 2 jours commencait justement le jour de mon arrivee! Chanceux... comme a l accoutumee!
J ai cherche une chambre, pose mon sac, et suis de suite parti en direction du monastere.
Je fut d abord emerveille de rencontrer tous ces habitants en costume, avec leurs visages si typiques, leur accueil si chaleureux. Les hommes portaient un chapeau, souvent une sorte de manteau-tablier en cuir ou tissu epais par dessus des habits dans des tons brun-gris-ocre. Les femmes, avec egalement les memes couleurs, portaient un chapeau haut-de-forme, une parure faite de turquoises, souvent une peau dans le dos, avec de longs poils blanc-gris, egalement avec un moulin a prieres a la main. Tres peu de touristes, peut-etre pas avertis de la date precoce a laquelle se tenait le festival, ou alors preferant celui de Hemis, plus proche de Leh et plus facile d acces, qui avait lieu le 6 juillet. J etais vraiment immerge dans le Ladakh profond et authentique.
Ensuite le monastere. Je suis arrive en pleine ceremonie. Les moines costumes et masques dansaient au son des tambours, cimballes et trompettes. Aucun mot ne peut decrire ce spectacle colore si loin de ce que nous, occidentaux, connaissons. Vous comprendrez en regardant les photos de l album "Ladakh"... En tres resume : chaque monastere a une sorte de "protecteur" qui tient a l ecart les mauvais esprits et les mauvais sorts; les masques des moines representent les differents visages que peut avoir le protecteur pour faire peur a ces "ennemis"; le festival annuel en l honneur de ce protecteur est un remerciement pour ses bons services pendant l annee ecoulee, et pour s assurer une belle annee a venir.
Le final du spectacle, le fameux "drama" comme se plaisent a dire les gens du village, consistait a poignarder dans le coeur puis a lancer des fleches dans le corps d une figurine faite en pate alimentaire, posee sur une planche a meme le sol, et representant... un enfant! Enfin, en principe un ennemi, mais cette figurine representait bel et bien un enfant. "Bad child" m ont dit les gens... je n ai pas reussi a en savoir plus, helas. Une fois le gosse poignarde et fleche, il a ete demembre a coup d epee, et ses differentes parties ont ete jetees dans la foule qui se battait pour en avoir les morceaux. La pate qui avait traine dans la poussiere toute la journee etait apparemment "benite" par les moines, et encore mangeable... Le lendemain, en visitant a nouveau le monastere, un moine tres fier me tendait un reste de la figurine en me disant "eat! eat!". Un peu sous la contrainte j ai mange. Ni mauvais ni bon, j ai essaye d oublier ou ce morceau brun bizarre avait traine depuis 48 heures!!!
Lamayuru, mis a part la magie de son festival, offre egalement des paysages a couper le souffle. Moonland l appelle les gens du coin. Il semblerait qu il y a tres longtemps un lac se soit forme dans les montagnes a cet endroit, retenu par un barrage de glace, et que la pression de l eau ait sculpte le sol pour lui donner cet aspect si particulier. Pour ceux qui connaissent la Death Valley aux Etats-Unis, Moonland est similaire mais 100x plus impressionnant! Je me suis ressource dans ces montagnes, laissant mon esprit et mon imagination se perdre dans le labyrinthe de roches, au son de mon iPod, et d un morceau instrumental MP3 de Mich Gerber que m avait envoye mon ami Thierry.
Malgre la beaute de Lamayuru, j etais impatient de decouvrir Alchi : un autre petit village ladakhi, avec un monastere contenant les plus belles peintures de toute l Inde. Apres 4 jours a Lamayuru, j ai donc saute dans le bus en direction de Alchi. Le bus m a pose... a Alchi-bridge, au bord de la main road. Une balade de 45min a travers les montagnes m a permis de rejoindre le village.
Encore un lieu ou les quelques touristes ne font que de passer, en coup de vent, "a la japonnaise"! En debut et fin de journee je me suis donc retrouve un des rares etrangers dans le village et ai pu apprecier la vie ladakhie. Ce fut l occasion d y rencontrer Daniele et Jacques, 2 francais en vacances dans la region, avec qui nous avons passe une tres sympathique soiree, agrementee de pannes de courant pour l ambiance. Je les ai retrouve a Likir 2 jours apres, dans le meme guest house, et nous avons continue a refaire le monde! Merci Daniele et Jacques pour les bons moments passes ensemble (oui, je reconnais, il y a de la verdure au Ladakh!!!).
Apres avoir visite le monastere, avoir beaucoup marche dans les montagnes entourant le village, je suis parti a pied pour Likir. Certains m annoncaient 2 heures de marche, d autres 7h! Apres 5-6h, perdu dans les montagnes, j ai reussi a rejoindre la main road. Une demi-heure d attente, et un camion est passe. J ai saute dans la cabine, ai demande "Likir?". Apparemment le chauffeur ne savait pas plus que moi ou se trouvait ce village, a l ecart de la route principale. Je suis arrive trop loin, a Basgo. Le chauffeur de Jammu, tout desole, a continue sa route en direction de Leh, a 10km/h comme lors des kilometres precedants. J ai arrete un camion circulant dans l autre sens, ai grimpe a bord, en demandant a nouveau "Likir?". Plus de chance cette fois. Le camion comptait 3 autres passagers, de vieux ladakhis, en habit traditionnel. Eux connaissaient Likir, 11km plus loin. Impossible de communiquer en anglais avec eux, on a quand meme bien rigole quand ils ont compare la couleur de mon bras avec les leurs! Tellement etonnes qu ils ont meme voulu toucher mon bras pour comparer les consistances! Eclats de rire, sourire, meme sans mot le contact fut cordial et amical. J ai bien volontairement omi de leur dire que mon bras n avait jamais ete aussi bronze de ma vie!!! Puis ils m ont dit "Likir!". Ouf, enfin arrive, sous une petite pluie et un ciel bien noir.
Likir et son monastere, encore un! Mais celui-la est surplombe par un bouddha dore de 25m de haut, on ne peut pas le manquer meme s il se trouve a 1h a pied sur les hauteurs du village. Guest house encore une fois tres sympa, avec la famille qui m a invite dans sa salle a manger privee, et avec qui j ai eu le plaisir de partager un petit-dejeuner typique.
Et ma petite aventure dans les villages ladakhis touchait alors a sa fin. Je devais retourner sur Leh, d ou j avais un vol pour Delhi le 5 juillet. Je ne voulais pas refaire le trajet en jeep vers Manali, et le vol pour Delhi durait a peine 2 heures.
De retour a Leh, apres une dizaine de jours, l ambiance y avait totalement change. Les touristes etaient arrives, de nombreux restaurants avaient ouverts, les rabateurs essayaient diplomatiquement d attraper quelques touristes-pigeon!
Vous vous rappelez de Peter, le pedagogue irlandais qui partage sa vie entre son pays et la Suisse romande... lors de notre discussion, il avait attire mon attention sur le fait que si je me sentais bien a un endroit, c est parce qu une multitude de parametres se recoupaient pour qu a se moment je m y sente bien, et le meme endroit quelques temps plus tard ne me plairait certainement pas autant. Logique, on l a tous vecu, mais je n y avais pas pense si concretement. Mon retour a Leh l a confirme. Autant je m y suis plu lors de mon premier passage, autant j etais content de monter dans l avion pour Delhi quand j y suis retourne... bonne lecon pour la suite de mon voyage, je resterai plus longtemps dans les endroits ou vraiment je me sens bien...